SAUVAGES / SVAVƧ
Que l’on puisse lire indifféremment un mot en partant d’un bord ou de l’autre, que l’on puisse être la femme autant que l’homme, l’homme et la femme tout à la fois. Être un en étant deux, qui l’on veut en restant soi. Que tous les âges en nous se chevauchent, que les corps se prolongent et le monde se fasse chair. Que l’on puisse faire ce qu’on veut quand on le veut, mettre au-devant l’enfouissement en endossant la parure. Qu’être soit paraître et que faire aille de soi. Que le vêtement nous serve dans chacune de nos causes, que toute piste soit à nouveau devant nous effacée. Que tout soit toujours le même et jamais ne se répète.
Qu’on s’en remette à l’expérience, qu’il n’y aie pas de seconde chance. Quelque part sur la peau, en arborer la marque.
Le projet SAUVAGES/SVAVƧ est une collaboration entre les artistes Sofie Vangor et Volauvent. Il se déploie sous différentes formes – gravures, photos, peintures, textes, performances – en différents lieux et à l’occasion d’événements divers. Autour de ce binôme artistique, plusieurs intervenants viennent prendre place en fonction des nécessités du projet, notamment en ce qui concerne la photographie et la performance.
SAUVAGES/SVAVƧ exclut toute rigueur autre que celle du désir et se situe quelque part avant le premier mensonge. C’est une invocation des figures du passé, une évocation des visions qu’il en reste. Le point de départ d’une fabulation aussi vraie qu’elle nécessite les affublements de circonstance pour se trouver.
Que l’on puisse lire indifféremment un mot en partant d’un bord ou de l’autre, que l’on puisse être la femme autant que l’homme, l’homme et la femme tout à la fois. Être un en étant deux, qui l’on veut en restant soi. Que tous les âges en nous se chevauchent, que les corps se prolongent et le monde se fasse chair. Que l’on puisse faire ce qu’on veut quand on le veut, mettre au-devant l’enfouissement en endossant la parure. Qu’être soit paraître et que faire aille de soi. Que le vêtement nous serve dans chacune de nos causes, que toute piste soit à nouveau devant nous effacée. Que tout soit toujours le même et jamais ne se répète.
Qu’on s’en remette à l’expérience, qu’il n’y aie pas de seconde chance. Quelque part sur la peau, en arborer la marque.
Le projet SAUVAGES/SVAVƧ est une collaboration entre les artistes Sofie Vangor et Volauvent. Il se déploie sous différentes formes – gravures, photos, peintures, textes, performances – en différents lieux et à l’occasion d’événements divers. Autour de ce binôme artistique, plusieurs intervenants viennent prendre place en fonction des nécessités du projet, notamment en ce qui concerne la photographie et la performance.
SAUVAGES/SVAVƧ exclut toute rigueur autre que celle du désir et se situe quelque part avant le premier mensonge. C’est une invocation des figures du passé, une évocation des visions qu’il en reste. Le point de départ d’une fabulation aussi vraie qu’elle nécessite les affublements de circonstance pour se trouver.
Jy, mai 2016
Jérémie Demasy
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SVAVS, tatoo éphérère sur peau, 2016 |
Trouble, prise de vue de la performance au Musée des Beaux Arts de Liège, 2016 sofie vangor |
Trouble, prise de vue de la performance au Musée d' Ansembourg, Liège, 2016 sofie vangor |
Je suis une
bête de scène
une bête de
sexe
j'aime
l'expérience forte de vie
le sperme,
ce qu'il encense et le vide qui plane ensuite
ferveur qui
se fane
respiration
subtile
dressant des
vues d'ensemble
je suis
violent, animal, avide
rencontre
mon plaisir dans tout ce qui fait pâlir
et l'ardeur
de mon désir me blesse
mais il
meuble le temps qu'il me reste à être
me meut
avant ma mort sur les terres arides
m'en extirpe
m'entraîne
dans des tohu-bohu / chahuts d'un autre type
ses cheveux
/ rivière que j'empoigne, sauvage
ma salive
salissant son visage vaste comme une énième énigme
chaleureuse
ma hargne chevauchant des champs incertains de miel
et je lorgne
son arrière train
et je cogne
contre les parois de tout ce qui nous restreint
puis je
reste tranquille
sirote mon
verre en silence
espérant
deviner d'un rot
ce qu'il
adviendra des nos reins drapés
nos riens
qu'enrobent nos noces
nos
audaces,nos nausées
laissons
donc une trace
un cri, une
caresse
que sais-je
encore
une tache de
menstruation sur le carrelage froid
de
monstrueuses remises en question
quant au
cadrage de nos effrois
sur le large
qu'ils inaugurent
laissent
entrevoir
comme un
voile
décousu tel
un discours vrai
délaissé
sur ses
cuisses désirantes
comme une
voix qui nous dépasse
nous dicte
comment nous dépenser
un pacte
avec la grandeur
un acte d'où
le doute est absent
un accès de
rage doux et délicieusement délictueux
une dédicace
aux anges déchus
aux chute
d'eaux
aux auras
les
tourbillons que nos troubles fondent
les contours
que dessinent leurs ombres
surprenants
elle,
prenant de l'avance
sur un pont
bancal et sous un vent vorace
en manque
d''âme
en manque
d'amour
menant la
danse
emmenant,
minces et menues
nos minuties
nos minutes
magistrales
contraintes
d'encore entendre l'âpreté de paysages trop proprets
d'attendre
avant de tendre vers
à nos frêles
existences
leurs
expédients
leurs
excitants
leurs
excédants tels d'accidentels dentelles dangereuses
leurs
leurres / leurs lueurs
éternels
nous ferrons face à ce souffle profond qui nous alimente nos animosités mais
qui déjà
nous manque
nous fait
défaut
nous fait
défaillir
nous fait de
l'effet
nous fait
mais est-ce
nouveau?
C'est ce que
nous pourrions nommer la défaite d'être
est-ce la
fesse qui en serait la fête?
Volauvent
Trouble, textiles, acrylique, 2016 |
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Trouble, perruques, 2016 @sofievangor |
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TROUBLE, photographie, acrylique, fusain, 2016 |
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TROUBLE, performance, impression d'un tatoo éphémère sur bras, Musée des Beaux Arts, Liège,2016 sofie vangor |
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Trouble, prise de vue de la performance TROUBLE, Musée des Beaux Arts, Liège,2016 @Rocco Raone |
Trouble, acrylique, photographie, 2016 @Sofievangor |
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Trouble, installation, huile, toile, dimension variable, 500 x 200 cm, 2016 |


acrylique sur textiles / 2016 / @Sofie Vangor |
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TROUBLE, performance, impression d'un tatoo éphémère sur bras, 2016 |
Je lui avais offert mon cœur
elle m'avait concédé son corps
chacun trompait l'autre avec la
partie qu'il avait conservé
et je ne l'aimais jamais autant
qu'absente
ainsi elle ne malmenait la belle
image d'elle que je façonnai par inadvertance
j'éprouvai cette fascination mêlée
d'épouvante face à l'infini de ses ondulations, modulations d'être
dans cette lutte charnelle
acharnée, c'est un adversaire plus fortiche que soi qu'on cherche
quelqu'un qui d'un regard puisse
nous terrasser, avec qui rester assis et se taire est assez
qu'il est terrible de ne pouvoir
atterrir, voué à voguer
et pour que l'enfer cesse, nous
n'avons rien trouvé de mieux
que de fourrer son sexe dans une
paire de fesses
mais une de celles qui nous anime
l'âme
car l'amour se situe tout
justement dans la distance qu'il y a entre consommer et être consumé
là où tout geste tendre détient
cet indéniable caractère létal en latence
ci-gît l'enjeu de nos jeux doux et
dangereux
ces nuits sans ennui ni tabou
seront éternellement à nous
mais pourtant tellement nuisibles
car à chaque fois c'est le grand
jour qui s’immisce
celui où chacun devra seul trouver
les pistes
faire en sorte que s'éclipse ses
propres prenantes, compromettantes mises à nu
son nez à nez avec son néant,
étrange et géant, génial et gênant
devra une fois encore tenter de
s'amuser de sa misère tamisée d'être
VAV
Trouble, prise de vue de la performance au Musée d' Ansembourg, Liège, 2016 |
Performance TROUBLE / Volauvent / Sofie Vangor / Olympe Vangor |
Trouble, prise de vue de la performance au Musée d' Ansembourg, Liège, 2016 |
LA PIGEONNE MORTE
Mon
regard aime à se perdre, s’égarer sur les innombrables toits de
la ville noire et silencieuse. Acrobate, il gambade de l’un à
l’autre. Y trouve une extase esthétique. Ce sont mes plaines
sauvages, mon immensité majestueuse aux formes multiples,
imbrications d’infini. Immobiles, perchés, ils sont soiffards de
grands larges. Ils lancent au ciel un cri muet.
Sous
eux se terrent les êtres en cage. Ceux qui ne se connaissent plus.
Accrochés aux murs et aux trottoirs, les dégringolant les yeux
rivés aux rigoles. Ils sont ternes et mornes tels des morts-vivants,
embourbés dans le brouhaha des allés-retours stériles de leur
aliénation. Ils entrent dans les boutiques persuadés qu’il s’y
trouve une vie, un sens, un intérêt quelconque. Mais ils se
trompent. Ce ne sont que boîtes, cartons, textiles sans âme ni
cachet, aux couleurs criardes. Cimetière d’une humanité résignée.
Les
toits sont fiers et solennels, semblables aux cimes d’arbres
centenaires et montagnes aux neiges éternelles. Alors que grouillent
et rampent une dizaine de mètres plus bas, les malades inquiets, ils
ont la beauté des territoires vierges, contrées inexplorées,
paysage qui ne se rend accessible qu’aux regards égarés, que rien
ni personne n’a encore souillé si ce n’est les clochards ailés
de leurs fientes vertes, grises, brunes ou blanches, selon ce qu’ils
ont ingurgité de nos déchets.
VAV
Faite de sexe, de violence et de mort..... 2016@KAER |
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LPM, italie, 2016 |

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acrylique sur textile / 2017 @Sofie Vangor |
Rouge à lèvres sur peau / 2016 @Frédéric Materne |
acrylique sur textile / 2017@Sofie Vangor |
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VAV 2016@Frédéric Materne |
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La Pigeonne Morte, photographie, 200 x110 cm, Sofie Vangor, 2016 |
C'était
un ciel. Un de pas vraiment tangibles. Une saloperie. On le
regardait. C'était blême. C'était un ciel. Une tirade. Un cri. Une
jérémiade mal gérée. Une allégresse, un truc à rendre plus ou
moins mal à l'aise. C'était un ciel, installé, fier, un ciel. Un
machin qui tient pas la route, un ciel. Là, bien là. Par moment,
virevoltant, virant au violet. Soutenant une certaine violence. Un
ciel. Une immensité qu'on tente de contenir. Un exercice de style.
Un infini qu'on touche des yeux.
Il
était là, étalé, c'était le ciel. On y croyait à moitié mais
c'était le ciel. Il était quand même là, bien là, quand il se
mettait à émettre du rose, du bleu, du gris. Ça nous grisait.
Paysage narrant marasmes, marées, nausées osées. Ossements
déjetés, c'était déjà ça. C'était un ciel. Une étincelle, un
souci d' y être avant de s'éteindre. Un ciel. Une donnée. Une
déclinaison. Un point d'encrage. Une accroche. Le ciel. Un jeu des
dieux. Un décor. C'était le ciel, rempli d'étoiles, ce sous quoi
traînent les putes et les astres filants. Une soupape, un
pied-de-nez. Un désarroi, un dé à jouer. Une ritournelle, une
chanson. Un air écrit, un écrin sous lequel se glisse le silence,
maladroit. Placé là sans savoir comment ni pourquoi. Un ciel.
Fameux. Une fiévreuse envie d'en finir. Un ciel, beau, bleu,
nauséabond, une abondance. Une catastrophe, un désastre, un cas
d'école. Un éclat, une cloison. Un ciel. Ce sous quoi dansent les
gens. Une légende, une éclosion. Une beauté, une chape de plomb,
le ciel. Ce sous quoi tout se disloque. Et la passion, poison, crache
criarde les pourtours de son amertume rondelette. Le discours reste
indemne, le même. Nous sommes le ciel. La cécité demande son
reste. Le désir cherche à se délester de lui-même. Alors c'est
encore un cri et c'est le ciel. Une souffrance, un sacrifice, un
silence. Une beauté infinie. Un jet de bleu, rose, anthracite. De
quoi se taire. La puissance de la peur. Être, être, être...
Volauvent